Les Chroniques du guide conférencier

Tous les mois retrouvez une anecdote, un fait insolite, par Philippe Cantarel, le guide conférencier de l’Office de Tourisme. Grâce à lui, vous traverserez les deux mille ans d’Histoire fréjusiens différemment.

Octobre 2017

LA MUIRON

 Dans la chapelle Saint-François de Paule, on trouve des ex-voto, l’un d’entre eux est étonnant, il s’agit de la frégate « La Muiron ». Frégate de 44 canons, mise en chantier à Venise à partir de 1789. Elle est en construction lorsque Napoléon prend l’Arsenal de Venise, le 15 novembre 1796 et elle sera achevée en 1797 par Pierre-Alexandre Forfait, envoyé sur place à la demande de Napoléon pour diriger l’arsenal. Napoléon prit possession de ce navire et le fait armer, il prend la mer pour la première fois dans l’escadre qui transporte le corps expéditionnaire, en Egypte.

En 1799, Bonaparte rentre d’Egypte, la Muiron fait partie d’un convoi de deux frégates avec la Carrére et les Avisos, la Revanche et l’Indépendant. Il embarque le 23 août à Alexandrie. Le navire, sous le commandement du Contre-Amiral Ganteaume, parvint à rejoindre le Golfe de Fréjus le 9 octobre 1799, (17 Vendémiaire an VIII).

En 1801, la Muiron participe à la bataille d’Algésiras.

Dans une lettre au Ministre de la Marine, Napoléon écrit : « Je désire que la Muiron sur laquelle je suis revenu d’Egypte, soit gardée comme un monument et placée de manière à ce qu’elle se conserve, s’il est possible plusieurs centaines d’années… ». Le souhait de Napoléon ne sera respecté, ancrée à Toulon, elle sera dépecée en 1850. Elle coulera en 1855, frappée par la foudre.

En 1803, Napoléon fit exécuter une maquette qui est exposée aujourd’hui au musée de la Marine de Paris.

Mais pourquoi ce nom « la Muiron » et un tel attachement ?

Jean-Baptiste Muiron est né à Paris en 1774 et mort à Arcole le 15 novembre 1796. Aide de camp de Napoléon, ils se sont rencontrés lorsqu’ils étaient tous les deux artilleurs au siège de Toulon en 1793.

Chef de bataillon à vingt ans, colonel l’année suivante.

Le 15 novembre 1796, sur le pont d’Arcole, alors qu’il charge à la tête de ses troupes, le Général Bonaparte est mis en joue par un Autrichien, Muiron s’en aperçoit et se jette devant Napoléon pour le protéger de son corps. La balle que reçoit le Colonel Muiron lui est fatale. Napoléon ne l’oubliera jamais, il mentionnera Muiron dans son testament, léguant une somme substantielle à sa famille.

 

 

« Il sacrifia sa vie pour sauver la mienne »

Napoléon

Muiron

 

Archives :

Pour découvrir plus en détail tous les secrets de la ville de Fréjus, nous vous invitons à consulter le catalogue de nos visites guidées animées par Philippe Cantarel.

Visites guidées

 

 

Philippe Cantarel

Philippe Cantarel, guide conférencier de l’Office de Tourisme de Fréjus