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Tous les mois retrouvez une anecdote, une description historique, un fait insolite, par Philippe Cantarel, le guide conférencier de l’Office de Tourisme. Grâce à lui, vous traverserez les deux mille ans d’Histoire fréjusiens différemment.

 

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Les chroniques

Philippe Cantarel, guide conférencier de l'Office de

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Les visites guidées à Fréjus

La chronique du mois

Juillet 2019

L’AQUEDUC ROMAIN

Les romains étaient passés maîtres dans l’acheminement de l’eau. Le mot aqueduc est un emprunt tardif au latin aquae ductus, de aqua( eau) et ductus (conduire).

Conçu en deux temps l’aqueduc captait la source de la Foux  à Montauroux, puis celle de la Siagnole à Mons.

L’aqueduc prend son départ au pied des falaises calcaires, à 515 m d’altitude puis suit un parcours de 42 kms environ, jusqu’à Fréjus. 26 km en longueur orthodromique (chemin le plus court). Il conduisait les eaux de la Siagnole depuis sa source, jusqu’au point le plus haut de Fréjus, à la butte du Moulin à Vent, 34 m d’altitude, où se trouvait le château d’eau (castellum divisorium). 36 ouvrages d’art, dont 28 pour la seule vallée du Reyran. La plus grande partie de l’aqueduc était souterraine pour des raisons de sécurité et de salubrité. Pente moyenne, 1,2%. Débit journalier environ 2900 m3.

Le conduit ou specus, était en général bâti en maçonnerie de petit appareil régulier. Ses dimensions étaient en moyenne de 1,60m de hauteur (taille moyenne des romains) et 0,70m de largeur.

À 2 km en aval de la source, une particularité retient l’attention, il s’agit de la Roche Taillée. Canal taillé dans la roche sur 50m de longueur et 20m de profondeur.

Certaines arcades ont été dédoublées sur le parcours et aux arches Sénéquier, deux ponts-aqueducs ont été bâtis à quelques mètres de distance.

En entrant dans la ville, il utilise le rempart romain sur environ 700 m, pour acheminer l’eau.

On peut dater la construction de cet aqueduc dans la seconde moitié du 1er siècle et cet aqueduc a fonctionné certainement pendant plus de 400 ans.

La durée du chantier est incertaine, environ 20 ans.

Ce monument prestigieux, dont les vestiges ont été classés Monument Historique le 12 juillet 1886, a fait l’objet de nombreuses campagnes de restauration et de consolidation depuis 1941 et encore récemment en 2018 avec deux piles des arches de Sainte-Croix.

Voilà ce qu’en disait, dans ses « carnets de voyage », Victor Hugo, en octobre 1839, lors de son passage en Provence :

« À trois quarts de lieu de Fréjus, d’énormes tronçons de ruines commencent à poindre çà et là parmi les oliviers. C’est l’aqueduc romain. L’aqueduc neuf et complet était beau sans doute il y a deux mille ans, mais il n’était pas plus beau que cet écroulement gigantesque répandu sur toute la plaine, courant, tombant, se relevant, tantôt profilant trois ou quatre arches de suite à moitié enfouie dans les terres, tantôt jetant vers le ciel un arc isolé et rompu ou un contrefort monstrueux debout comme un peulven druidique, tantôt dressant avec majesté au bord de la route un grand plein cintre appuyé sur les deux massifs cubiques et de ruine se transfigurant tout à coup en arcs de triomphe. Le lierre et la ronce pendent à toutes ces magnificences de Rome et du temps ».

En 1894 était inauguré sur le cours Chevalier de l’époque, aujourd’hui place Paul Vernet, la fontaine des Quatre Parties du Monde qui commémore le retour de l’eau courante à Fréjus, en 1870 un décret impérial fixe les conditions de partage des eaux de la Siagnole captée de nouveau pour l’occasion. Une bonne partie de l’aqueduc romain a été utilisé pour cette réalisation.

Aqueduc

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