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Tous les mois retrouvez une anecdote, une description historique, un fait insolite, par Philippe Cantarel, le guide conférencier de l’Office de Tourisme. Grâce à lui, vous traverserez les deux mille ans d’Histoire fréjusiens différemment.

 

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Les chroniques

Philippe Cantarel, guide conférencier de l'Office de

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Les visites guidées à Fréjus

La chronique du mois

Janver 2021

CADRAN SOLAIRE – CATHÉDRALE DE FRÉJUS

C’est l’historien grec Hérodote (v.484 – v.420 av.J.C.) qui, le premier, fait mention de l’ancêtre du cadran solaire, inventé par les Babyloniens (La civilisation babylonienne s’épanouit en Mésopotamie, qui correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuelle, du début du IIème millénaire av.J.-C. jusqu’au début de notre ère).

Les Babyloniens ne connaissaient que 5 planètes (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) plus la lune et le soleil. Les 5 planètes associées aux 12 lunaisons donnent ainsi les 60 divisions qui découpent encore actuellement nos heures et nos minutes.

L’invention est utilisée par les Égyptiens qui créent le véritable cadran solaire vertical au XXème siècle av.J.-C.

L’homme a semble-t-il commencé à mesurer le temps depuis la plus lointaine antiquité par le mouvement du soleil.

Un cadran solaire est composé de deux parties : le gnomon, qui signifie « indicateur », et le plan cadran. Le gnomon est généralement constitué d’une tige de métal appelée style, parallèle à l’axe de la terre et pointant vers le pôle céleste. Le plan du cadran est la surface où sont tracés les vingt-quatre méridiens ou lignes horaires.

Les cadrans solaires étaient utilisés avant que l’usage des horloges et des montres ne se répande, dès le XIIIème siècle.

Certains cadrans solaires sont de véritables œuvres d’art et sont souvent ornés d’une devise en latin. C’est le cas de celui qui est sur la façade de la Cathédrale de Fréjus, inscription gravée sur trois lignes :

RES SACRAS CLERI THEMIDIS

MARTISQUE LABORES

&PATRIOS COETUS LUMEN&UMBRA REGIT

Latin clérical alambiqué à prétention prosodique

Qui veut dire : « Lumière et ombre Règlent les actes sacrés du Clergé, les travaux de Thémis* (justice) et de Mars* (guerre) (et) les Assemblées des notables ». Traduction Boyer – Fajardi.

Ce cadran solaire est daté de 1781, il est en forme de lyre, avec aux deux extrémités deux petites tours, surmontées l’une d’un soleil et l’autre de la lune.

Le marquage des heures est en chiffres romains. Le fait d’écrire IIII au lieu de IV permet d’obtenir sur la table du cadran 4 nombres composés avec des I (I,II,III,IIII), 4 nombres composés avec des V, (V,VI,VII,VIII), 4 nombres composés avec des X, (IX, X, XI, XII), l’équilibre esthétique obtenu serait la raison retenue.

Ce cadran présente une graduation « vue du sol ». Les nombres sont écrits comme si on observait de l’extérieur du cadran. Heures du matin à droite, vers le soleil et heures de l’après-midi à gauche vers la lune.

Ces cadrans ornaient les parois des églises, des abbayes et des monastères pour indiquer les heures de prières (matines, tierce, sexte, none et vêpres).

 

*THÉMIS est la fille du ciel et de la lune. Déesse de la justice, de la loi et de l’équité. Elle est souvent représentée tenant les plateaux d’une balance avec laquelle elle pèse les arguments des parties adverses. Elle est aussi la mère des Heures (déesses personnifiant les divisions du temps).

 

*MARS dans la religion archaïque, est un des dieux les plus importants. Il est le dieu des combats et de la protection du sol. C’est le père de Remus et Romulus fondateur de la citée de Rome. Recueillis et nourris par une louve sur les rives du Tibre. La louve qui est l’animal consacré au dieu Mars.

 

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