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Tous les mois retrouvez une anecdote, une description historique, un fait insolite, par Philippe Cantarel, le guide conférencier de l’Office de Tourisme. Grâce à lui, vous traverserez les deux mille ans d’Histoire fréjusiens différemment.

 

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Les chroniques

Philippe Cantarel, guide conférencier de l'Office de

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Les visites guidées à Fréjus

La chronique du mois

Septembre 2020

LA PORTE D’ORÉE

 La Porte d’Orée, était écrite autrefois « Porte Dorée », parce que l’abbé Girardin (1678 – 1753), historien, avait trouvé au pied de ce monument des clous à tête dorée. Il en avait déduit que ces clous pouvaient correspondre aux tenons en cuivre utilisés pour fixer un plaquage de marbre sur le monument, d’où le double nom.

Classé Monument Historique en 1886 elle est située au nord-ouest du port romain.

Elle est la seule partie en élévation d’un vaste établissement thermal d’époque romaine. Ce vestige monumental correspond à l’arche d’une salle froide (frigidarium) des thermes. Dans la Rome antique, le frigidarium (du latin frigidus « froid ») était la partie des thermes où l’on pouvait prendre des bains d’eau froide. C’est la dernière étape du passage aux thermes, il était conseillé de prendre le bain froid en dernier après tous les autres bains car cela à pour effet d’éliminer la sueur du corps humain. Pour lui assurer un maximum de fraîcheur, les architectes bâtissaient le frigidarium du côté nord des thermes.

Elle a longtemps été interprétée comme la porte monumentale sud de la ville, d’où le nom de porte.

Cette construction a été bâtie en opus vittatum mixtum, c’est à dire un appareillage mixte, superposition de brique et de pierre (grès de l’Esterel), la brique étant utilisé comme matériaux étanche, les lignes de briques servaient de joints d’étanchéités. D’autres vestiges ont été découvert, lors des fouilles de 1988, réalisées par le service archéologique municipal, les éléments suivants ont pu être reconnus, une vaste piscine d’eau froide (natatio), la salle d’eau chaude (caldarium). Un foyer, appelé hypocauste a été également découvert. C’est le nom donné au système de chauffage par le sol utilisé à l’époque romaine. Un grand foyer, le praefurnium, situé à l’extérieur de la pièce, avait une ouverture pour l’allumage et communiquait par une seconde ouverture avec l’hypocauste. On estime que la température obtenue par les pièces ne pouvait pas dépasser 30 degrés. Les baigneurs devaient chausser des sandales à semelles de bois pour se déplacer. Afin que l’air chaud circule mieux dans les salles, les murs étaient doublés intérieurement par un réseau de tubulures (tubuli en latin), canalisations de terres cuite de section rectangulaire mis bout à bout. La datation du bâtiment repose sur sa connexion avec un égout bien daté de la seconde moitié du IIème siècle de notre ère, évacuant l’eau de la natatio. Par ailleurs, l’utilisation d’opus vitatum mixtum confirme cette datation.

Cet ensemble ce classe parmi les établissements thermaux les plus importants connus à ce jour en narbonnaise*. Sa situation laisse supposer qu’il s’agit des thermes du port, probablement don d’un empereur.

Un fragment de statue féminine monumentale et une tête de Jupiter découverte en 1822, ont été découvert sur ce site et sont visibles au musée archéologique municipal.

*La Gaule Narbonnaise (Gallia Narbonensis), province romaine nommée ainsi après la réorganisation des Gaules par l’empereur Auguste. Au 1er siècle, Pline l’ancien décrit la Gaule Narbonnaise :

« On appelle Province Narbonnaise la partie des Gaules sur le littoral de la mer intérieur. Elle est séparée de l’Italie par le fleuve Var et par les hauteurs des Alpes. Au nord elle est séparée du reste de la Gaule par les montagnes des Cévennes et du Jura.

Porte d'Orée

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