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Tous les mois retrouvez une anecdote, une description historique, un fait insolite, par Philippe Cantarel, le guide conférencier de l’Office de Tourisme. Grâce à lui, vous traverserez les deux mille ans d’Histoire fréjusiens différemment.

 

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Les chroniques

Philippe Cantarel, guide conférencier de l'Office de

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Les visites guidées à Fréjus

La chronique du mois

Janvier 2020

GASPARD DE BESSE ET L’AUBERGE DES ADRETS

Si le Massif de l’Esterel est aujourd’hui plus connu pour ses promenades champêtres, il n’en a pas toujours été ainsi. Ses forêts, ses drailles et ses grottes ont été pendant longtemps les repères de bandits de grand chemin. Le plus célèbre d’entre eux fut Gaspard Bouis, dit Gaspard de Besse. Détrousseur de nobles seigneurs il régna sur l’Esterel pendant deux ans.

Né à Besse-sur-Issole le 9 février 1757, il fut éduqué par un prêtre. Ce n’est pas la vocation de prêtre qu’il a eu mais celle de voleur, on ne sait trop pourquoi.

Il se réfugie dans l’Estérel avec sa bande, souvent comparé à Robin des Bois pour ses actions généreuses envers le petit peuple. Ils pillent, volent, rançonnent les voyageurs, dont le conte de Grimaldi, mais ne tue pas. Sa devise : « Effrayez mais ne tuez jamais ».

Ils sont une trentaine et vont même jusqu’à intercepter le courrier de Rome, véritable crime de lèse-majesté.

Trouvant un abri sûr dans le massif de l’Esterel, il installa son quartier général et ses rendez-vous galants à l’Auberge des Adrets. Situées sur la commune de Fréjus, comme son nom ne l’indique pas, l’auberge est actuellement un lieu de réception. Elle fut autrefois un relais de poste, rebâtie en 1653 par un certain Laugier et restaurée en 1898. À égale distance entre Fréjus et Mandelieu (environ une quinzaine de kilomètres, les chevaux ne pouvant parcourir que cette distance). Face à l’auberge, les bâtiments abritaient le fourrage et les équipages, soit 40 chevaux et 8 paires de bœufs. Le relais a été abandonné à l’arrivée du chemin de fer vers 1865. La maison située en face de l’auberge fut une gendarmerie jusqu’en 1907. La maréchaussée escortait les voyageurs pour passer le « Pas de l’Esterel » qui était périlleux à cause du brigandage.

À La Valette du Var, dans une auberge, la chance va tourner et il est arrêté par les gendarmes en 1781. Quelques semaines plus tard c’était le supplice de la roue, sur la Grand-Place d’Aix en Provence, le 25 octobre 1781.

Certains allèrent jusqu’à affirmer qu’il n’était pas mort sur la roue, mais qu’il avait fini sa carrière comme colonel d’Empire.

Deux films ont été réalisé sur son histoire. Le premier par André Hugon en 1935 avec Raimu, d’après l’œuvre de Jean Aicard et le second, un téléfilm de Benoît Jacquot en 2007, avec Jean-Hugues Anglade.

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